jeudi 21 janvier 2010
La première action concrète du consortium à été l’abonnement conclu avec l’éditeur Elsevier Science qui permet à la communauté scientifique marocaine l’accès à des revues scientifiques de renommée internationale. Cet accord permet à tous les enseignants chercheurs et chercheurs relevant des institutions membres du consortium, l’accès aux deux bases de données phares d’Elsevier à savoir : Science Direct et Scopus. Pour Science Direct, le chercheur a accès au texte intégral des articles publiés dans 2000 revues scientifiques depuis janvier 2004. Scopus est une des plus grandes bases de données bibliographiques multidisciplinaires au monde. Elle indexe actuellement plus de 24500 titres de revues (dont 16500 actives), et plus de 700 actes de conférences, etc. Elle couvre différents domaines des sciences : sciences sociales (18%) ; sciences physiques (32%) ; sciences de la santé (34%) et sciences de la vie (16%). En plus de sa vaste couverture, Scopus offre des fonctionnalités qui permettent à tout chercheur averti de faire une analyse assez fine de l’évolution de la recherche sur un sujet donné et de dénicher les publications scientifiques les plus pertinentes qui y font autorité. L’utilisation de Scopus pourrait occasionner des économies considérables de temps et d’énergie et augmenter la qualité des publications des chercheurs. Après une année, il est judicieux de procéder à une évaluation de l’utilisation faite des bases de données par notre communauté scientifique. Cette évaluation a été présentée lors de la réunion du comité d’orientation de l’IMIST tenue le 1er juillet 2009 au siège du CNRST. Dans ce qui suit nous présentons un résumé des résultats et quelques recommandations.
En plus de l’économie d’échelle occasionnée en
matière de prospection, de démarches et négociations
auprès de l’éditeur et de gestion et suivi
technique des accès, il convient de signaler deux
indicateurs importants :
Les chercheurs ont effectués presque 20000
recherches sur Scopus et ont téléchargé 284189
articles à partir 1771 revues de Science Direct.
Ces chiffres permettent de ramener le coût de
l’article à 5$ (moins de 40 Dh) environ au lieu de
30$ chez l’éditeur.
L’accès à Science Direct a permis aux chercheurs
marocains d’identifier de nouvelles revues
d’Elsevier qu’ils ne connaissaient pas ou auxquelles
ils n’avaient pas accès. En effet, sur les
1771 revues utilisées en 2008, seules 1114 revues,
soit 61%, ont été citées comme références dans
des articles publiés par les chercheurs marocains
de 1960 à 2008.
Sans compter l’incidence qualitative et quantitative
de ces accès sur la production scientifique
marocaine qui devrait apparaître dans les prochaines
années, les chiffres ci-dessus sont encourageants.
Figure 1 : Utilisation de Science Direct, nombre moyen d’articles téléchargés par personne
L’utilisation de Science Direct par les chercheurs
marocains reste incomparable à celle d’autres
pays de la méditerranée comme la Jordanie et la
Tunisie où les chercheurs ont téléchargé plus de 1
millions d’articles. Ces chiffres nous interpellent
pour comprendre les raisons de cette sous utilisation
et prendre les mesures appropriées pour en
relever le niveau.
Pour commencer, considérons comme usagers
potentiels les enseignants chercheurs et les étudiants
de troisième cycle, population estimée à
38724 chercheurs en 2007. Avec ces chiffres on
peut déduire des moyennes d’utilisation de
Scopus et Science Direct.
Sur Scopus, le nombre moyen de recherches
effectuées est d’une recherche pour deux personnes.
Ce chiffre, très bas est alarmant eu égard
à la place que devrait avoir une base de données
bibliographique dans la conduite d’un projet de
recherche, sans compter les autres intérêts que
présente Scopus pour les décideurs. Ceci nous
amène à émettre l’hypothèse d’une méconnaissance
de Scopus. L’examen du nombre moyen de
recherches effectuées sur Scopus par université
nous permet d’émettre les remarques suivantes :
Un écart très important entre les universités
allant de 0,07 à 1,01 recherches effectuées par
personne ;
Pour 9 universités sur 13, le nombre moyen de
recherches effectuées est inférieur à la moyenne
globale.
A partir de Science Direct, les chercheurs ont
téléchargé en moyenne 7 articles par personne
par année. Cela veut dire même pas un article
par personne par mois. On peut encore dire qu’il
s’agit d’une sous utilisation d’une base de
données comme Science Direct. Sachant que les
effectifs ne sont pas les mêmes d’une université
à l’autre, pour voir plus clair dans l’activité des
universités, nous avons calculé les moyennes des
téléchargements par université que nous avons
représenté dans la figure 1. L’examen des chiffres
obtenus permet d’émettre les remarques suivantes
:
Un écart très important entre les universités
allant de 2,1 à 19,2 articles téléchargés par personne
;
Pour 6 universités, le nombre moyen de téléactualité chargements est inférieur à la moyenne globale.
En prenant le nombre moyen maximum (19,2
articles par personnes) de téléchargements nous
avons calculé les téléchargements à atteindre par
les universités. Les résultats obtenus sont représentés,
avec les données de l’année 2008, dans la
figure 2. L’examen des résultats nous permet de
faire les constatations suivantes :
Pour plusieurs universités le manque à gagner
est assez important ;
Même avec cette simulation on atteindrait un
total de 741000 articles. Ce chiffre est loin de
celui atteint par les pays cités ci-dessus (Jordanie
et Tunisie).
Figure 2 : Simulation des téléchargements avec 19 articles par personne par année.
Les constatations résumées ci-dessus nous
amènent à émettre les recommandations suivantes
:
1-Nécessité de préparer une équipe de spécialistes
de l’IST dans chaque université, chargée de :
Se tenir régulièrement informé l’évolution des
outils et ressources électroniques et mis à la disposition
des chercheurs de l’université ;
mener régulièrement des compagnes d’information
et de sensibilisation auprès des chercheurs
sur les outils et ressources électroniques mis à
leur disposition ;
assurer l’accompagnement des chercheurs pour
une meilleure utilisation des bases de données en
général ;
organiser localement des sessions régulières de
formations ciblées dans les départements des
facultés ;
apporter aux chercheurs toute l’aide nécessaire
pour l’utilisation optimale des
fonctionnalités bibliographiques
des bases de données comme
Scopus ;
apporter aux décideurs toute
l’aide nécessaire pour l’utilisation
des fonctionnalités avancées des
outils comme Scopus, notamment
en matière d’évaluation ;
vérifier, régulièrement, si tous les
établissements et départements
de l’université accèdent sans problème
aux ressources électroniques
auxquelles l’université est
abonnée et informer l’IMIST de
tout changement d’adresses IP ;
assurer la gestion des mots de
passe pour l’accès à distance si
l’option « accès distant » est attribuée
par le fournisseur ;
faire part à l’IMIST de tous les
dysfonctionnements et problèmes
d’accès constatés ;
mener régulièrement des études
des besoins et faire part à l’IMIST
des nouveaux besoins exprimés ;
faire part à l’IMIST de toute
demande particulière exprimée
par un groupe de chercheurs.
2- Nécessité d’équiper les locaux
des universités, d’ordinateurs suffisants,
pour permettre aux chercheurs
une meilleure exploitation
des ressources électroniques ;
3- L’utilisation de Scopus ou de
toutes autres bases de données
bibliographiques revêt une importance
capitale dans un projet de
recherche. Les chiffres, concernant
l’utilisation de Scopus, présentés
ci-dessus sont alarmants. Il est donc nécessaire
et impératif de mener une action de formation
sur l’exploitation et l’utilisation de ces bases
de données ;
4- La grande majorité des revues est en langue
anglaise. Pour tirer profit des ressources électroniques
disponibles, un effort particulier sur la
maîtrise des langues, destiné aux étudiants doctorants,
est nécessaire.
©
2007 IMIST-CNRST
Angle Allal Al Fassi et Avenue des FAR, Hay Ryad, BP 8027
10102 Rabat, Maroc
Tel(+212) 05 37 56 99 00 Fax: (+212) 05 37 56 99 01
http://www.imist.ma